Le Fantome du camp

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UNE BOMBE A RETARDEMENT DE 1942, a éclaté en France en 1994 !

Les camps du Récébédou (prés de Toulouse) et de Nexon (prés de Limoges) ont donné lieu à des évènements dramatiques durant la 2° Guerre Mondiale.
52 ans après les faits, ces 2 camps-hôpitaux sont le théatre d'impensables impostures, contrevérités...corroborées par de fausses archives, dans un livre : "Les Miradors de Vichy" de Laurette Alexis-Monet (1994).
Sous la préface de l'historien Pierre Vidal-Naquet, elles deviennent des "vérités historiques".

Ce livre frauduleux porte atteinte à l'histoire douloureuse de ces 2 camps ainsi qu'à leurs témoins ou à leur mémoire.
10 ans d' investigations, me permettent aujourd'hui de démontrer ces supercheries et invraisemblances spectaculaires.

Je lance également un appel à témoins, afin d'élargir mes recherches, de rétablir la vérité historique sur ces camps, de stopper l'engouement pour un témoignage extrêmement tardif imbibé de contrefaçons...et pour une "héroïne" ayant exploité une tragédie de l'histoire, en s'attribuant des actes valeureux, 1 demi siècle après la Libération.

Je termine par une alerte à mes chers collègues, Enseignants de France :
un dossier pédagogique
conçu par Ecransud, propose sur internet, des pistes de travail sur les camps français aux enseignants pour leurs élèves, avec des titres d’ouvrages, dans lequel figure le livre de Laurette Alexis-Monet : 'Les Miradors de Vichy'. A bon entendeur, salut !

Bienvenue donc sur ces pages...

Anomalies du livre Les Miradors de Vichy de Laurette Alexis-Monet

En juin 2006, je découvre un livre, paru en 1994 : «Les Miradors de Vichy» écrit par Laurette Alexis-Monet, 52 ans après les faits.
Ce livre évoque 2 camps-hôpitaux créés sous le régime de Vichy, pour héberger des Républicains Espagnols mutilés de la guerre d‘Espagne et des juifs étrangers. Il s’agit des camps-hôpitaux du Récébédou et de Nexon.

L’auteur prétend être resté 1 an dans ces camps, au titre de l’œuvre de "La Cimade" en 1942-1943.
Mes parents sont allés secourir les malades de ces camps, en tant que médecin et infirmière Croix-Rouge, à la même période.
Ma mère a été révulsée de découvrir que le personnel médical des 2 camps était calomnié dans ce livre.

En juillet 2006, ma mère écrit à l’auteur et à l’éditeur, pour leur faire part de la vérité sur les infirmières, et sur son mari médecin.
Ils ne lui répondront jamais.
Dès lors, nous avons fait des recherches, examiné ce livre, et découvert qu'il était truffé de contrevérités, d’impostures, de falsifications de pièces d’archives.

La 1ère imposture de Laurette Alexis-Monet est qu’elle n’a pas passé 1 an dans les camps, mais 1 mois au camp-hôpital du Récébédou, comme son laissez-passer - indispensable pour entrer dans un camp - le précise : du 4 août au 4 septembre 1942.

Pour authentifier sa présence de 2 mois au camp-hôpital du Récébédou, et remplir les pages de son livre, Laurette Alexis-Monet brode des romans sur médecins et infirmières du camp.

Partie du camp du Récébédou le 4 Septembre 1942, elle n’a pas pu assister à la maladie, ni au décès le 27 septembre 1942 du délégué de YMCA, Jacques Saussine.
Elle accusera le médecin de "l’avoir laissé mourir sans soins".
Lire en détail Les 14 morts de Jacques Saussine.

Elle décrit les infirmières de 1942, comme "des petites poupées savamment maquillées aux ongles en griffe, laqués de rouge, éclatant" les assimilant à des péripatéticiennes et les nomme : "ces femelles qui servent d'infirmières".
Lire en détail Les 14 morts de Jacques Saussine et Les infirmières

En octobre 1942 le camp du Récébédou ferme, certains malades sont transférés à Nexon devenu camp-hôpital. Laurette Monet a quitté Récébédou depuis le 4 septembre 42, mais dit suivre le transfert des malades à Nexon, et y rester 10 mois, alors que les documents d'archive précisent que les œuvres ne sont pas admises au camp de Nexon en 1942.
Lire en détail Présence de Laurette

Pour authentifier sa présence de 10 mois au camp-hôpital de Nexon, et crédibiliser les récits de son livre, Laurette Alexis-Monet :

- fabrique 28 lettres (vers 1990) qu‘elle dit avoir envoyées de Nexon, à son amie Suisse, d’octobre 1942 à avril 1943. Ces lettres ressemblent à un journal de bord, en direct du camp de Nexon, mais sont des faux.
Lire les Lettres de Nexon.

- s'invente un "foyer Cimade" sur le plan du camp de Nexon de son livre, alors qu‘il n‘existe pas sur le plan des Archives.
Lire Plan du camp de Nexon.

- s’ approprie un fait historique réel, aux d’Archives de Limoges :"l’évasion de 3 Allemands de Nexon en mai 1943". En 1994, l'auteur devient l’héroïne de l’évasion d' Allemands inconnus, dans un camp où elle n'était pas...s'inventant ainsi un "fait de Résistance" ! Cette fiction est relatée dans 2 livres et 2 films, avec des versions changeantes.
Lire l'Evasion.

- publie une aquarelle d’un mirador en couverture du livre, soi-disant réalisée pour elle par l’un des 3 Allemands qu’elle aurait fait évader du camp de Nexon, où elle n'était pas ! Cette aquarelle ayant pour but de crédibiliser sa responsabilité dans l’évasion, figure en rappel en 4e de couverture !

- s’approprie la photo d’une fillette de 4 ans, internée à Nexon, la surnomme 'Liselotte', lui fabrique une histoire, la déclare devenue " ossements d’Auschwitz ", inscrit son nom sous la photo de la stèle de Nexon…
Or Jeannine (de son vrai nom) est vivante, et c’est le choc en 2003 lorsqu‘elle découvre ces mensonges sur elle dans ce livre. Elle écrira à l’auteur qui ne lui répondra jamais.
Pire, l’auteur récidive en 2005 dans le film "Le Camp-Fantôme" de Tessa Racine en maintenant sa version sur Liselotte qu’elle sait néanmoins bien vivante !
Lire Liselotte.

L’auteur fait croire qu’elle écrit "ses souvenirs du camp de Nexon, de 1942-43."

Son livre porte aux ¾ sur le camp de Nexon, dont elle était absente.

Laurette Alexis-Monet fait croire à ses lecteurs qu’elle a apporté son aide pendant 1 an aux malades des camps… alors qu’elle n'y était pas, 11 mois durant.

Autonome, Laurette Alexis-Monet invente et fabrique' les Archives de son livre, afin qu’elles corroborent ses contrevérités et impostures. Pour faire croire n'importe quoi à n'importe qui, l'auteur a une recette infaillible : mêler le vrai et le faux. Elle mélange des éléments ou des personnages vrais, trouvés aux archives, et crée un roman avec. Le livre est constitué ainsi.

Cet auteur excelle en littérature misérabiliste.
A première vue, on se croirait dans les camps !
Sauf que ce talent est utilisé pour nous "mener en bateau".

Note sur les camps-hôpitaux

Le Récébédou, est un quartier de Portet sur Garonne, à l'entrée de Toulouse. Sur ce vaste terrain implanté de 87 baraques en brique de 200 m2, Vichy ouvre en 1941, un camp-hôpital destiné à des Républicains Espagnols souvent mutilés de la guerre d'Espagne et à des juifs étrangers.
Composition : 1500 malades, 2 médecins, 2 médecins internés, 24 infirmières. Administration, police, gardiennage : 130 personnes.

Nexon : en octobre 1942 le camp du Récébédou ferme. La moitié des malades va au camp-hôpital de Noé, l'autre moitié à Nexon, 25 km au sud de Limoges, en Haute-Vienne. Le camp-hôpital de Nexon a 27 baraques en bois de 120m2 .
Composition : 700 malades, 2 médecins, 10 infirmières. Administration, police, gardiennage : 150 personnes.

Camp-hôpital du Récébédou : de février 1941 à octobre 1942

Camp-hôpital de Nexon : d'octobre 1942 à fin mars 1943

Pour authentifier ses impostures, falsifications d'archives, contrevérités, Laurette Alexis-Monet a une RUSE de génie : elle utilise 3 grands noms d’historiens pour préfacer son livre, et en faire valider la vérité historique.
Il s’agit de Pierre Vidal-Naquet, Denis Peschanski, Anne Grynberg.

Dès lors, l'auteur obtient un passeport pour trouver éditeur, et lecteurs.
Elle sera crue d'emblée, et d’autres historiens, des étudiants, un doctorant, 2 réalisateurs… véhiculeront son témoignage faux, qui entrera dans l’histoire des camps-hôpitaux.

Ses impostures portent
- sur sa présence dans les camps,
- sur son rôle,
- sur ses actes.

Laurette Alexis-Monet martèle tout au long du livre être restée 1 an dans les camps, sans donner de preuve.
Or sa présence à partir du 5 septembre 42 est rendue impossible par la fin de validité de son laissez-passer, ainsi que par le contexte historique des camps-hôpitaux.

Elle s'invente des actions impossibles historiquement et contextuellement :
- entrer dans les baraques des malades, notamment celles des hommes,
- assister au mess des infirmières… alors qu’elle n’y était pas autorisée;
- faire un certificat médical à la place du médecin
- 'initier à la Résistance le chef du Comité de Libération de Limoges'...
Elle accuse le personnel médical d'être défaillant, alors que c‘était l‘inverse et qu'elle n'assistait pas aux soins.

Contrairement à l’importance qu’elle se donne, son rôle était très limité : mineure elle était sous tutelle d’un adulte et pour 1 mois seulement.
Lire Présence et Rôle de Laurette

L’ensemble du personnel médical de 2 camps est disqualifié, alors que l'auteur n'est resté qu'1 mois, dans 1 seul camp !
Afin d’incriminer les 2 médecins, du camp du Récébédou, Laurette Alexis-Monet multiplie par 10, le chiffre de mortalité des malades du camp "1080 décès en 3 mois."
Le nombre réel est : 118 décès en 3 mois.
Lire Les 14 morts de J. Saussine.

Pour masquer ses impostures et crédibiliser sa présence à Nexon, Mme Alexis-Monet (absente de Nexon) va créer des effets-réalité bluffant, en prêtant des fantasmes à des internés, à des gardiens, à des infirmières imaginaires…aux autres personnages inventés de son livre.

Exemples
- Me Julius Goldberg, avocat de Nexon imaginaire, obsédé par la nourriture, et répétant sans arrêt : 'pâtes de coing, pâtes de coing, pâtes de coing…'
- l’onanisme raté d’un malade fictif de Nexon 'pris sur le fait' par l’auteur, se plaignant à la mineure de 19 ans qu’elle était : 'Même ça…ça ne marche plus.'
- Liselotte, 4 ans, rêvant de s’évader du camp de Nexon… 's’en aller, oui mais pas pour le ciel, pas comme M. Silberstein dans sa couverture…'
- l’arrivée des infirmières à Nexon, 'mit en émoi les personnels de gardiennage et d’administration… habitués antérieurement à travailler entre hommes.'

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En 2015, le film 'Laurette 1942' est réalisé d’après ce livre

Un film fiction se disant basé sur 1 "témoignage authentique." Ecrit 52 ans après les camps, ce livre riche en facéties dont l'auteur est l'héroïne burlesque, rappelle les galéjades du héros créé par Alphonse Daudet, fanfaron invétéré provençal : "Tartarin de Tarascon".

Enfin s’il est courant de trouver dans ce livre de 200 pages, plusieurs contrevérités par page, je ne puis affirmer qu’une seule page en soit exempte.