Le Fantome du camp

Les lettres de Nexon

LES 28 LETTRES DE NEXON, "retranscrites d’après des originaux" dans «LES MIRADORS DE VICHY» par Laurette Alexis-Monet

Laurette Alexis-Monet écrit des textes datés. Il s’agirait de la retranscription de 28 lettres qu’elle aurait envoyées entre octobre 1942 et avril 1943 du camp-hôpital de Nexon, à son amie suisse, Blanche de Montmollin.

Dans les années 1990, Laurette Alexis-Monet aurait retrouvé les originaux de ces lettres « rongés par les rats » dans une valise de son propre grenier.
Sauf que ces 28 lettres envoyées en Suisse, devraient se trouver dans la valise d’un grenier suisse, dévorées par des rats suisses, et non varois !

Si ces lettres sont devenues « des miettes de papier rongé par les rats » Comment ont- elles pu être reconstituées ?
Laurette Alexis-Monet évoque « les quelques papiers jaunis, demeurés intacts ».
Pourquoi n’y a-t-il pas de copies, de ces « papiers intacts » dans le livre ?

Plus loin on lit que des extraits auraient été publiés dans des journaux suisses :
« Les originaux de ces lettres sont égarés, mais les coupures de presse sont restées, les extraits demeurent »
Pourquoi n‘y a-t-il pas de copies de ces « coupures de presse » dans le livre ?

Enfin une correspondance est un échange de lettres : où sont celles reçues de Suisse, par Laurette Monet ? Elles ne sont jamais évoquées.

Laurette A-Monet n’ayant pu se trouver au camp-hôpital de Nexon, en 1942-43, va composer ces 28 lettres dans les années 1990, pour authentifier son livre écrit 50 ans plus tard, ainsi que sa présence à Nexon.
Ces lettres sont une mise en scène rusée de l'auteur, avec la complicité passive de son amie suisse Blanche de Montmollin, recevant 28 lettres de Nexon sans les avoir chez elle, et sans répondre à une seule !

Ces « lettres » bluffantes de réalisme sont datées, concoctées comme un journal de bord, rapportant anecdotes,évènements du camp, potins, vie des internés… comme si Laurette Monet écrivait en direct, du camp-hôpital de Nexon en 1942-43. Sauf qu’elles ont été fabriquées 50 ans après la guerre.

Les contenus de ces lettres, flairent bon la société de consommation de 1990 :
Dans « sa lettre du 17 décembre 1942 » Laurette Monet au camp de Nexon « fait une liste de 25 enfants avec âge et sexe, pour leur acheter des cadeaux de Noël » !
A Limoges « des gens lui ont donné du fric ». Donc elle arrive au camp avec « des quantités monstrueuses de cadeaux de Noël, car au foyer on fera ça en grand. » Laurette Monet est « chargée comme un mulet, complètement claquée. »
Laurette A-Monet nous "mène en bateau"…faudrait-il la plaindre parce qu’elle est « claquée » ? Ou l’admirer parce qu ‘elle trouve, malgré sa fatigue, la force d’écrire « une lettre de Nexon » à son amie suisse ?

Le récit est loufoque et anachronique : en décembre 1942, la France est occupée « le fric » ne court pas les rues, les usines tournent peu, et les boutiques sont vides. Le comble : dans un camp avec des hébergés affamés, frigorifiés, malades… Laurette nous parle « fric, cadeaux, liste garçons/filles .»

« Ces lettres sont des faux, c’est sûr ! Cette abondance de cadeaux, pour fêter Noël en grand au camp-hôpital de Nexon…Je certifie que l’auteur n’ était pas à Nexon à Noël 1942, que ces lettres ont été écrites à l’ère du Géant Casino !
Si elle avait déjà vu un enfant dans un camp, elle saurait que cet enfant là, n’avait besoin que de nourriture en cadeau. Le camp-hôpital de Nexon hébergeait des vieillards malades, et n’ accueillait pas 25 enfants à la fois.
Mon mari médecin, et moi, avons passé Noël 1942 au camp-hôpital de Nexon, à donner des soins à ces malheureux malades, loin de chez eux et de leur famille, internés dans la promiscuité, affaiblis, dénutris… auprès desquels nous avons appris l’extrême dévouement. » Témoignage (2007) de ma mère, infirmière.

D’autres « lettres de Nexon » font apparaître la contrefaçon, l’anachronisme, la bouffonnerie, les fanfaronnades jusqu'à la boursouflure...que l'auteur fait passer pour de l’histoire de 1942-43.
Laurette Monet est censée avoir écrit ces lettres à 19 ans. En les écrivant à 70 ans, elle essaie d' imiter « ses 19 ans » dans un style juvénile affecté.

L'auteur est aussi metteur en scène. Elle veille à la mise en scène de ses fausses lettres d'époque : « Que de traces ont disparu depuis 50 ans, ne fût-ce que parce que les gens n’ont plus de grenier. J’en ai un. J’y avais rangé une petite valise avec des lettres… les rats y avaient fait leur nid…c‘est en tremblant que j‘ai fait l‘inventaire…»

Quand on a 28 lettres historiques, on les dépose aux archives, ou en lieu sûr, ne serait-ce que pour les protéger de la dent acérée du rat famélique !
Pourquoi Laurette Alexis-Monet ne l’a pas fait en 50 ans ?
Des questions qu’auraient dû se poser historiens et fans inconditionnels de Laurette Alexis-Monet, dont 2 réalisateurs de film, avant de la porter aux nues et de nous "gaver"…

Les 28 fausses lettres de Nexon, occupent 20 pages du livre :"Les Miradors de Vichy", et se veulent être le gage de son authenticité.

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