Le Fantome du camp

" Les 14 morts " de Jacques Saussine

« LES 14 MORTS » DE JACQUES SAUSSINE - 27 SEPTEMBRE 1942 - DELEGUE YMCA - CAMP HOPITAL DU RECEBEDOU

Jacques Saussine ( 1921-1942 ) originaire de Nîmes, était un étudiant protestant qui tenait la bibliothèque du Foyer des Œuvres, pour les malades du camp. Or il tomba malade au camp, et mourut le 27/9/1942, à la clinique. Laurette Alexis-Monet, 52 ans plus tard, accuse le médecin du camp, du pire : " d'avoir laissé mourir J. Saussine sans soins "...Rappelons que Laurette M. durant son bref passage au camp, n'avait pas de responsabilité : sous tutelle (mineure) elle aidait à la bibliothèque du foyer. Elle n'assistait pas aux soins médicaux, n'avait pas compétence pour évaluer un médecin... Enfin, le laissez-passer de Laurette Monet, indispensable pour entrer dans le camp n'autorisait plus sa présence au Récébédou, 3 semaines avant la mort de Saussine.

Depuis 73 ans, les circonstances de ce décès font l’objet d’ interprétations diverses, et les ragots sont légion. On donne à la mort de Saussine une importance capitale : difficile de lire un écrit sur le Récébédou, sans qu’elle ne soit évoquée, alors qu’il y a eu d’autres décès au camp en 1942. Ce bourrage de crâne permet de façon récurrente, d’imputer ce décès au médecin du camp, sans rapport d’archive circonstancié à l’appui, sans la moindre réclamation, sanction, plainte, ou procédure à son encontre. Jacques Saussine, non interné, ne faisait pas partie des malades du camp et a pu faire appel à un médecin du village. On ignore qui l'a pris en charge, et les circonstances du décès.

Voici une liste non exhaustive de 14 interprétations de la mort de Jacques Saussine :

1 - En 1942 - D'après " la lettre du 13 sept 1942 " Archives Cimade, extrait : «Jacques est couché depuis une semaine. Cela ne présente aucune gravité. Il s'agit d'attendre 3 semaines que la fièvre tombe…Il ne semble pas qu'il puisse y avoir de complications...La convalescence peut-être longue, étant donné le grand affaiblissement..." Jeanne Sénat, déléguée Cimade au camp-hôpital du Récébédou, semble évoquer la fièvre typhoïde.

2 - En 1968 - D’après « Les clandestins de Dieu » Le pasteur Casalis écrit : «Il a fait une crise d’appendicite, que le médecin du camp a traitée par des applications de bouillottes chaudes. Quand on l’a opéré à Toulouse, il était trop tard.» Source non précisée.

3 - En 1968 - D’après « Les clandestins de Dieu » Madeleine Barot, responsable de la Cimade, écrit : «J Saussine mourut d’une appendicite, parce qu’on n’avait pas autorisé à temps son transport hors du camp.» Source : Archives Cimade.

Dans un même livre « Les Clandestins de Dieu », édition 1968, on trouve 2 circonstances de mort différentes.

4 - En 1989 - D'après " Les clandestins de Dieu " Madeleine Barot, responsable Cimade, écrit : " Jacques Saussine mourut d'une appendicite, parce qu'on n'avait pas autorisé à temps son transport hors du cam p du Récébédou". Source : Cimade.

5 - En 1989 - D’après « Une indomptable énergie» Madeleine Barot, écrit : «J Saussine fut pris de douleurs violentes, mais qui furent mal diagnostiquées ou trop tardivement ; il en mourut.» Source non précisée.

2 versions opposées de Madeleine Barot en 1968 et 1989. 2 versions opposées de Madeleine Barot en 1989 !

6 - En 1994 - D’après « Les camps de la honte » Anne Grynberg, historienne : «J Saussine mourra d’une péritonite parce que le directeur de Récébédou n’a pas autorisé assez tôt son transfert dans un hôpital de Toulouse. Source : Cimade.

7 - En 1994 et 2001 - D’après « Les miradors de Vichy » de Laurette Alexis Monet. " Par une erreur de diagnostic ...ce médecin laissa mourir notre ami Jacques d'une appendicite perforée..." Mise en cause du médecin, imposture de l'auteur qui n'assistait pas aux soins, n'avait pas qualité pour évaluer le praticien, ignorait les circonstances du décès. Enfin son laissez-passer périmé depuis 3 semaines, démontre qu'elle n'était plus au camp du Récébédou.

Pierre Vidal-Naquet, sera le premier historien d’une longue série, à tomber dans le piège de ce livre, qu‘il préfacera. Tout porte à croire qu' ébloui par de fausses apparences, il n'a pas approfondi sa lecture. Il n'a pas vérifié la présence de l'auteur dans les camps, ni les lettres de Nexon, ni le plan du camp, ni l‘évasion, ni l'existence de "Liselotte", ni celui de l'avocat de Vienne, ni le chiffre de mortalité du Récébédou…etc. Il accablera le médecin sur les contenus de ce livre, sans le rechercher, et sans pièce d’archive à l'appui. Le nom connu de l'historien, mettra en confiance y compris ses pairs, et contribuera à diffuser " le livre- tissu de mensonges." (Qualificatif de ma mère, infirmière camps-hôpitaux.)

8- En 1996 - D’après « Les camps d’internement en France » 1996, revue BT2, pour le secondaire, Laurette A- Monet écrit à propos de la mort de J Saussine : «erreur de diagnostic d’un médecin militaire, au camp de concentration de Récébédou.» En 1994, Laurette Alexis-Monet accusait le médecin civil du camp, dans son livre : "Les miradors de Vichy."

9- En 1998 - D’après le mémoire de Boris Razon « De la résistance spirituelle à l’engagement : la Cimade face à la 2° guerre mondiale en France » : «J Saussine mourut au camp parce que le médecin avait refusé de le laisser sortir pour soigner une appendicite mal diagnostiquée. Il mourut d’une péritonite.» Le médecin est accablé doublement, devenant aussi chef de camp ! Selon Boris Razon, Saussine meurt au camp du Récébédou. Source ?

10 - En 1999 - D’après le mémoire de Suzanne Aubrespy « Le camp du Récébédou de 1939 à 1942 » L’étudiante se réfère à la «lettre de la Cimade du 13 sept 1942» (voir 1) qu’elle cite en ajoutant : «Tous les symptômes de Jacques Saussine correspondent bien à la fièvre typhoïde

11 - En 2000 - D’après « Protestants dans la France en guerre » 2000, Jacques Poujol, pasteur, écrit : «Jacques Saussine, mort le 27 sept 1942 au camp du Récébedou, après une erreur de diagnostic.» Source : "Les Miradors de Vichy".

12 - En 2013 - D’après « La Cimade et l’accueil des réfugiés » Geneviève Dreyfus-Armand, historienne, écrit : «Jacques Saussine fait une crise d’appendicite, que le médecin, aussi désinvolte avec lui qu’avec les internés malades, ne diagnostique pas. Hospitalisé à Toulouse, il décède de péritonite.» Source : «Les Miradors de Vichy».

13 - En 2015 - D'après " De la paix aux résistances " Patrick Cabanel, historien, écrit : " Saussine, mal soigné, et trop tardivement, par le médecin du camp, meurt le 27 à l'hôpital de Toulouse." Source : "Les Miradors de Vichy"- Cimade.

14 - En 2015 - 2016 - D’après le film fiction « Laurette 1942 » qui se dit aussi "documentaire", réalisé par Francis Fourcou, selon le livre : «Les Miradors de Vichy ». L'acteur Jacques Saussine meurt de péritonite, dans un train...Pourquoi pas dans une fusée à 3 étages ?

A quand une prochaine version de la mort de Jacques Saussine ? N'est-il pas grand temps de cesser de délirer sur une mort de 1942 ? D'autant plus que d'autres personnes sont décédées en 1942, et qu'on ne les évoque pas. Enfin, sur 7 œuvres présentes au camp du Récébédou en 1942, seule la Cimade "fait sa sauce" sur Saussine.

S'il y avait eu erreur ou négligence de la part d'un médecin du camp, ce serait consigné dans un rapport d'archive, du service de l'Inspection Générale des Camps de 1942, et il y aurait eu sanction ou expulsion immédiate du médecin. Sinon une plainte aurait été déposée en 1942 par la famille Saussine, ou par l'un des responsables des 7 œuvres représentées dans le camp : la Cimade, la Croix Rouge Française, le Secours Suisse, le service Social d'Aide aux Emigrants, les Quakers Américains, le Comité d'Assistance aux Réfugiés, l'O.R.T- Union.Or ce ne fût pas le cas en 1942, ni en 1943, pas plus qu'en 1944, à la Libération.

Jacques Saussine n’est pas mort au camp du Récébédou, ni dans un train, mais dans une clinique Toulousaine. Non interné, son décès n'est pas enregistré dans le registre du camp. Autoriser les sorties du camp, ne relevait pas des médecins, mais du Chef de camp. Pour hospitaliser un malade interné, il devait en référer à la Préfecture.

Quant à la "source à l'apparence miraculeuse" : "Les Miradors de Vichy", elle est archi fausse. Avis aux historiens !

Ex : concluons avec les chiffres spectaculaires de mortalité au camp du Récébédou, donnés par «Les Miradors de Vichy» en Hiver 1941/42 : «12 morts par jour» soient 1080 morts en 3 mois...Laurette Alexis-Monet fait mourir les 2/3 du camp !

En réalité Hiver 41/42, selon Wikipédia : 118 morts en 3 mois. Ce chiffre croise celui des Archives et ceux de 3 historiens. Pourquoi les historiens n’ont-ils pas été alertés par ces chiffres ultra délirants ?

Laurette Alexis-Monet multiplie par 10 le nombre de morts, pour faire de l’inédit, du misérabilisme...fidèle aux contenus de son livre. La réalité n'était-elle pas assez sombre ? Ses mensonges veulent prouver, que le personnel médical n'était pas à la hauteur de son rôle...ainsi 52 ans après, elle devient Saint-Bernard de papier des camps-hôpitaux, mais réel imposteur...faisant, à 19 ans, les certificats médicaux, à la place du médecin !

Même pour les chiffres, on ne peut accorder de crédit à Laurette Alexis-Monet…Son livre peut comporter plusieurs contrevérités par page, sans garantie qu'une seule page en soit exempte !

La couverture du livre donne le ton, avec 3 mythes, portant sur les miradors. Le titre : "Les miradors de Vichy". Or, il n'y avait pas de mirador, au camp du Récébédou. L'illustration : une aquarelle de mirador, trompeuse, pour la même raison (mais pas seulement.) "A Récébédou, dans la journée, le chef de Camp autorisait les sorties ; les malades les plus valides prenaient le bus à La Fourguette pour aller à Toulouse, mais devaient être présents aux appels du soir et du matin." ( Témoignage de 2 infirmières.)

Enfin, en 4e de couverture du livre, Laurette Alexis-Monet prétend que cette aquarelle de mirador fût peinte pour elle, par l'un des 3 Allemands antifascistes qu'elle aurait fait évader de Nexon. Elle y publie en rappel, une petite photo de la même aquarelle, précisant : " En couverture, aquarelle de Karl Schwesig, interné à Nexon, dédicacée à Laurette Monet, le 3 mai 1943.." Or Laurette Monet n'était pas équipière au camp de Nexon, et n'a pas pu y faire évader 3 Allemands qu'elle n'a jamais vus ! Vers 1985, elle a usurpé ce fait historique consigné aux Archives de Limoges, pour s'attribuer cet exploit, et nous le faire croire, 50 ans plus tard ( dans un récit puéril et fanfaron de 13 pages ) en se disant "Résistante". (Voir Evasion).

Cette redondance sur le thème des miradors en couverture du livre, est faite pour nous conditionner à croire à la présence de l'auteur au camp de Nexon, et qu'elle y fût l' héroïne, à 19 ans, d'une évasion...alors qu'il s'agit d'impostures.

La 4e de couverture du livre contient d'autres contrevérités. Dans sa biographie, Laurette Alexis-Monet se prétend être "Chargée de Cours à l'Université d'Aix-en-Provence", sans préciser matière enseignée, ni période. Nous l'avons vérifié : son nom y est inconnu. Et sans ses 2 bachots, comment accéder à ce poste prestigieux ? Si elle manque de bagage, la "non chargée de cours" ne manque pas de bagou... peuchère !! Il convient de préciser, que Laurette Alexis-Monet est originaire du pays de "Tartarin de Tarascon", auquel elle semble s'être identifiée. Comme l'intrépide chasseur de casquettes, elle dit avoir voyagé en Afrique, mais ne précise pas si c'était aussi pour y chasser le lion !

Ci-dessous, photo et certificat de décès de Jacques Saussine, délégué Y.M.C.A. au Camp-Hôpital du Récébédou

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Certificat de décès de Jacques Saussine
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