Le Fantome du camp

Le médecin juif interné et les internés

Dans son livre, Laurette Monet décrit de façon détaillée, des personnes qui étaient au camp de Nexon, en 1942-43, comme si elle les avait bien connues. Or, Mme Alexis-Monet découvre l'existence des internés et du personnel du camp de Nexon, aux Archives Départementales de la Haute Vienne, vers 1990. Elle va s'approprier et piller tout ce qui les concerne : Nom, fonction, âge, photos, dessins. Ensuite, elle brodera un portrait de ces personnes, et leur inventera une histoire. Tour à tour, elle écrira les avoir aidées au camp de Nexon en 1943, ou les calomniera pour pimenter l' illusion de réalité...malgré son absence du camp de Nexon. Ainsi est écrit le livre " Les Miradors de Vichy ". Il sera préfacé par un éminent historien.

Jamais, dans l'histoire contemporaine française, un témoin n'avait osé détourner le patrimoine national des Archives de cette manière, pour réaliser un livre faux ; jamais un témoin n'avait osé sublimer la corruption, en aveuglant un Historien, pour lui faire préfacer un livre fallacieux.

Il faut avoir une structure mentale bien singulière pour concevoir cette idée de détournement d'histoire ; avoir un aplomb surdimensionné pour passer à l'acte, enfin être sans scrupule pour vivre tous les jours avec cette escroquerie à l'intérieur de soi...pour la dissimuler à tous, même à ses proches...sans peur et sans reproche, durant toute sa vie, en cultivant ce faux personnage héroïque de 1942. Bref, il faut avoir un mental bétonné d'imposteur !

Prenons 1 exemple actuel qui pourrait être exploité en 2050, par quelqu'un de 70 ans, avide de gloire : Vers 2050, après disparition des témoins plus âgés, un français pourrait écrire un livre mensonger, en déclarant qu'au début des années 2000, à l'âge de 17 ans, il aurait aidé à plein temps durant 1 an, les réfugiés et migrants dans les camps de la " Jungle de Calais ". ( Sans y avoir mis les pieds, ou si peu.) Il lui suffira ensuite d'arnaquer un historien pour obtenir une préface certifiant la vérité du livre, afin de trouver un éditeur, vendre son livre, devenir 1 héros, et entrer dans l'histoire des camps de Calais. Telle est la recette de Laurette Alexis-Monet.

C'est sur ce principe, que Laurette Monet (absente du camp de Nexon ) va calomnier ce pauvre " Carlo" médecin-adjoint interné. Elle publie son nom de famille réel, piraté aux Archives, et l'accuse d'avoir eu une relation sexuelle avec une malade du camp, qu’elle nomme "Mimi". Laurette Alexis-Monet( portée sur la chose ) va plus loin : elle accuse ce médecin, d’avoir mis enceinte Mimi. Enfin, elle finira par accuser le médecin interné d'avoir réalisé un avortement sur Mimi dans le camp de Nexon.

Laurette Monet se trahit, car elle écrit avec une pensée de 1993 ( à l'ère de l'avortement légalisé ) et non dans le camp de 1943, dans lequel elle dit être, mais dont elle ignore le contexte. Il est important de savoir que ce médecin juif polonais risquait à tout moment la déportation, donc il est hors de question qu'il ait pu s'aventurer à réaliser 1 avortement clandestin, puni à l'époque de la peine de mort, certifie ma mère. De plus, ce médecin interné pris sur le fait, aurait pu être fusillé sur place par les allemands. Voici la suite du témoignage de ma mère, infirmière au camp de Nexon :

" Ce médecin était un homme droit, incapable de se compromettre avec une malade. Quant à l'acte chirurgical, c'est impensable dans un camp en 1943 ! Et dans l'étroite promiscuité du camp de Nexon, rien n'aurait pu avoir lieu, à l'insu de mon mari médecin ou de nous infirmières...Mon mari aurait été fou de rage de lire de telles inepties, de telles méchancetés, 50 ans après les camps !" Témoignage de ma mère infirmière à Nexon. Indignée et désolée, car elle avait beaucoup d'admiration et d'amitié pour Carlo " un homme merveilleux " ma mère a démenti vivement ces inventions, ces accusations diaboliques très graves.

L'épouse du médecin interné, retrouvée à New-York, en 2007, dément également.

Madame Dorothy G. venant d’apprendre ces calomnies sur son mari, avec son vrai nom publié dans le livre, nous écrit en 2007 :
«Mes amis essaient de calmer ma douleur… Quelle tristesse ! On ne peut pas pardonner ce que Mme Monet a fait dans son livre. Si elle demeurait à New-York, je chercherai un avocat pour faire un procès

Mme Alexis-Monet, ayant attendu le décès des témoins pour publier son livre (52 ans) le médecin interné n'a pas pu se défendre, comme les autres personnes diffamées.

D' autres internés du camp de Nexon sont dénigrés et qualifiés dans le livre de Laurette A-Monet, de : " quémandeurs, resquilleurs..." L'un d'eux sera accusé de " mouchardage "... Ma mère m'a expliqué que lorsqu'on avait vécu le quotidien avec le visage et la parole de ces personnes malades, affaiblies, dénutries, âgées, subissant l'internement...on ne pouvait pas tenir des propos aussi peu charitables ... que cela lui semblait inhumain. Laurette A-Monet n'a pas vécu auprès des internés de Nexon. Elle décrit et met en scène des " internés de papier " : certains sont imaginaires, comme maître Julius Goldberg ; d'autres, ( dont l'auteur a pioché les noms ou photos aux Archives, 50 ans plus tard ) ont existé mais ont une histoire inventée, comme Liselotte, le médecin juif polonais, le médecin du camp ou les infirmières...

C'est ainsi que Laurette A-Monet, sans avoir été équipière Cimade au camp de Nexon, mais dotée d'une imagination et d'un aplomb incommensurables, a pu écrire son livre : "Les Miradors de Vichy" . Un livre qui n'hésite pas à salir les mémoires, même lorsqu'il s'agit d'internés...qu'ils soient imaginaires ou piochés aux Archives. Un livre n'honorant pas la mémoire des internés dont certains ont réellement disparu en déportation. Au cœur du crime de la Shoah, l'auteur profite des circonstances pour vendre 1 livre, et se valoriser en faisant croire qu'elle aidait, faisait évader ces personnes, alors qu'elle n' y était pas. Ignominie, vénalité... Les facéties de Laurette Monet dans les camps, se moquant de ce drame de l'humanité, ont décidément un goût très amer.

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